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Liaigre aux couleurs de l'Atlantique

 

Né à la Rochelle, Christian Liaigre n’a jamais fait mystère de son attachement à sa région d’origine et à ses paysages. La côte Atlantique, ses vastes horizons, son authenticité, sa lumière, ont constitué pour lui une infinie source d’inspiration. Si son installation à Paris et son ancrage sur la rive-gauche ont fait de lui un citadin et ont façonné son style, la rigueur et la sobriété de son écriture renvoient à des valeurs acquises au contact d’une nature rude, où les éléments forcent à la modestie. L’ascèse élégante de son trait s’est chaque fois nourrie d’une adéquation à l’environnement dans lequel se déployait son projet. Ainsi les résidences réalisées par l’architecte ou par le Studio Liaigre des deux côtés de l’Atlantique reflètent-elles cette relation au paysage, une relation qui se traduit à travers une palette spécifique. 

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Né à la Rochelle, Christian Liaigre n’a jamais fait mystère de son attachement à sa région d’origine et à ses paysages. La côte Atlantique, ses vastes horizons, son authenticité, sa lumière, ont constitué pour lui une infinie source d’inspiration. Si son installation à Paris et son ancrage sur la rive-gauche ont fait de lui un citadin et ont façonné son style, la rigueur et la sobriété de son écriture renvoient à des valeurs acquises au contact d’une nature rude, où les éléments forcent à la modestie. L’ascèse élégante de son trait s’est chaque fois nourrie d’une adéquation à l’environnement dans lequel se déployait son projet. Ainsi les résidences réalisées par l’architecte ou par le Studio Liaigre des deux côtés de l’Atlantique reflètent-elles cette relation au paysage, une relation qui se traduit à travers une palette spécifique.

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Le langage esthétique de Christian Liaigre s’est imprégné des paysages de sa jeunesse. Ainsi sa relation à la couleur s’est elle construite non pas sur l’usage décoratif de cette dernière, mais sur une approche sensible, une interprétation, un sentiment lié à la perception de l’environnement unique de la côte Atlantique. À l’opposé d’un décor balnéaire souvent narratif, l’architecte a développé un imaginaire des lieux : des côtes françaises de l’Île de Ré, à celles outre-Atlantique de Nantucket ou des Hamptons.

L’Atlantique c’est avant tout des ciels changeants, une lumière diffuse qui joue sur la surface de l’eau, la couleur du sable, les rochers. Les matières sont patinées par les éléments, le vent, les embruns salés, l’écume des tempêtes. Cette beauté rude s’inscrit dans une palette où la lumière prime sur la couleur, une palette avant tout constituée de nuances.  

Entre bocages, landes sauvages, dunes, rochers de granit, les côtes Atlantique déroulent un paysage contrasté. Loin des blancs intenses et de la lumière crue de la Méditerranée, les blancs sont ici atténués : Liaigre privilégie les tons coquille, craie, lin lavé, les écrus qui se réchauffent de beige, jusqu’aux nuances de sable et de sable mouillé et de grèges. Sur cette toile de fond douce et lumineuse viennent se poser tous les gris du paysage : celui des galets polis par l’eau, comme ceux des ciels voilés ou des tempêtes, jusqu’aux gris ardoise bleutés et argentés. Ainsi du perle à l’anthracite, cet éventail de couleur mène au bleu. Les bleus de Liaigre sont légers ou profonds, jamais vraiment vifs même lorsque leurs nuances s’affirment, ces bleus sont ceux du ciel et de l’océan, ils invitent au voyage, à la contemplation, au rêve. Viennent les verts assourdis, les verts sauge, argentés, grisés, les kakis, les verts lichen et algues, ces verts rappellent la végétation côtière, les grandes herbes dunaires. Ils appellent les bruns ceux de certaines algues, des bois flottés, du chêne fumé, du cuir tabac, du bronze patiné. Des bruns liés aux matériaux naturels que privilégie Liaigre depuis ses origines, matières nobles qui offrent un ancrage, un point de repère face aux horizons ouverts et à la force des éléments.

Dans ces maisons au bord de l’océan, l’intérieur est conçu comme une continuité du paysage. Ces intérieurs offrent une parfaite sérénité à ceux qui les occupent. Conçus dans un relatif dépouillement ; leur élégance n’est pas redevable de l’ornement mais de la pertinence d’un choix de matériaux et de couleurs, reflets d’un contexte. Cette règle tacite, traverse tous les projets de Christian Liaigre et du Studio, mais cet esprit s’inscrit de manière singulière dans les maisons aménagées des deux côtés de l’Atlantique entre rigueur classique et simplicité vernaculaire.

L’exemple de Nantucket est en cela particulièrement éloquent : sur cette île de l’Atlantique nord, jadis vouée à la pêche à la baleine, Christian Liaigre et le Studio ont travaillé en résonance avec les caractéristiques et contraintes locales. L’apparente modestie de l’architecture (des maisons de bois typiques de la région et de l’habitat des pêcheurs) semble avoir dicté la simplicité du projet. L’harmonie de blancs et de bois clairs, est ponctuée dans certaines pièces de touches de couleurs vives : un jaune ciré de pêche et un rouge vermillon (mémoire de l’île où les bâtiments dans lesquels les cétacés étaient dépecés étaient souvent badigeonnés de peinture rouge pour camoufler le sang  des cétacés). L’attention s’est portée sur le grand confort 

offert par la maison pensée comme un refuge face à la mer, entouré d’un jardin imaginé par le paysagiste Piet Oudlof dont l’aspect naturel laisse croire qu’il a toujours été là. Cette approche intuitive qui passe à la fois par la sensibilité mais aussi par une parfaite maîtrise de l’architecture intérieure met en évidence la relation entre un créateur, Christian Liaigre, et un territoire (celui de l’Atlantique) si grand soit-il ! Si l’on revient aux sources et fondements d’un vocabulaire esthétique qui a profondément marqué son époque et se perpétue aujourd’hui dans les projets signés par le Studio Liaigre, cette histoire personnelle, ou plutôt cette géographie intime a donné naissance à un style. 

« Le paysage qui m’inspire avant tout est celui de la mer, plus précisément la vue depuis mes maisons de Saint-Barth et de l’Île de Ré. Rien n’égale l’océan Atlantique, sa lumière, ses couleurs et cette énergie si particulière portée par l’air iodé. »

 

Christian Liaigre

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